“Ugo : la relation 2 en 1” 

- Comment retrouver l'envie et la positivité grâce à la médiation animale -




image_article_solene.png- crédit photo: Solène F. -

 

Après une période difficile j'ai croisé le regard d'un être vivant, d'un cheval en particulier. C'est à partir de ce moment que j'ai cessé de tout contrôler. Il m'apporte et me supporte. Il a une force incroyable qui me permet de l'accompagner et me permet de continuer à avancer.

Une fois que je suis devenue sa partenaire, c'est devenu ma priorité du quotidien : une addiction de pur bonheur malgré tout ce qui peut se passer.

Car une fois à cheval, le seul lien que j'ai avec cette terre c'est lui. Et c'est là que tout se joue car le but c'est d’être connecté, de pouvoir ressentir le sol à travers le contact de ses sabots. Quand je sens le vent dans mes oreilles quand on est lancé à pleine vitesse sur cette plage, quand je sens toute sa force qui nous propulse, quand j’entends le son de ma voix qui l'encourage, qui lui dit d'y aller, quand j’entends le son de ses sabots qui frappent le sol, qui résonnent à chaque foulée, c’est durant ces courts instants, quand l’adrénaline est à son maximum, que je lui fais entièrement confiance.

 

Lors de nos moments câlins, il pose sa tête contre moi, les yeux mi-clos. Je le laisse rentrer dans ma bulle. Le temps autour de nous s’arrête. Je le caresse avec douceur sans faire de mouvement brusque pour ne pas lui faire peur. Lorsque je lui parle, je vois sa réponse à travers son regard expressif et son attitude corporelle : son air devient malicieux. Il me demande de l’attention en me donnant des petits coups de tête, en me léchant ou encore en attrapant la fermeture de ma veste qu'il ouvre et referme plusieurs fois dès que je parle avec une autre personne. Quelque fois,  je lui demande de me suivre et il me répond un grand oui en hochant la tête mais en pensant non car monsieur n'est pas vraiment décidé. C’est dans ces moments que tout est magique. Nous sommes tellement connectés que nous nous comprenons l’un et l’autre.

 

Avec les êtres humains, c’est facile de faire semblant, de mentir. Avec Ugo, je ne peux pas faire semblant d'aller bien, et ça je l'ai vite compris… Un jour, devant son box, je l'ai appelé par son prénom il a relevé la tête, m'a regardé et m'a complément ignoré ! Il savait que je n’étais pas suffisamment bien pour m'occuper de lui ce jour-là. Et il avait bien raison : j'étais trop fatiguée, je n’étais pas assez en forme physiquement pour le monter. La douleur a été très dure à encaisser : son ignorance m'a fait tellement mal ! J'étais triste, frustrée, mais surtout tellement en colère contre moi car je pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Sur le coup, j'aurais voulu qu'il fasse comme les autres jours, qu'il vienne, qu'il soit « docile », comme si de rien n’était. Avec le recul, ce qui s'est passé est incroyable… Parfois, quand je ne suis pas très bien, je le sais, mais parfois, c'est bien plus complexe, tellement profond que je n'en suis pas réellement consciente. Dans ces moments-là, il faut que je sois dans la capacité de décrypter ce qu'il me renvoie, car lui ressent absolument tout.

Une fois que vous aurez compris mon cheval alors vous aurez compris toute la subtilité de mon fonctionnement. Bon courage !

Quand j'ai choisi d'acheter ce cheval, je ne l'ai pas fait pour sa couleur ou pour sa taille. Je l'ai fait car c'est lui qui m'a dit qu'il me voulait en tant que cavalière. Je le dis souvent mais ce cheval représente tout pour moi. Quand j'ai pris la décision de l'acheter, ce n'est pas son prix que j'ai mis sur ce chèque… C’est la valeur de ma propre vie.

 

Par Solène F.